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		<title>ESCALE AU PAYS DE LA LUMI&#200;RE, LA PEINTURE D'AKSOUH par Michel-Georges Bernard Founoune, 19 septembre 2023, actualit&#233;s, arts visuels</title>
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		<dc:date>2024-05-20T08:28:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bineta Sadji</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'article de Bernard Michel-Georges &#8220;Escales au Pays de la lumi&#232;re, la peinture d'Aksouh&#8221; a &#233;t&#233; publi&#233; en 2005 sur la revue : Horizons Maghr&#233;bins &#8211; Le droit &#224; la m&#233;moire. Aksouh fut l'invit&#233; du num&#233;ro N&#176; 52 titr&#233; : La francophonie arabe : pour une approche de la litt&#233;rature arabe francophone, sous la direction de : Abdallah Ouali Alami et Colette Valat. Mohamed Aksouh, n&#233; en 1934, appartient &#224; la g&#233;n&#233;ration des fondateurs de la peinture alg&#233;rienne moderne qui, au long des ann&#233;es cinquante, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'article de Bernard Michel-Georges &#8220;Escales au Pays de la lumi&#232;re, la peinture d'Aksouh&#8221; a &#233;t&#233; publi&#233; en 2005 sur la revue : Horizons Maghr&#233;bins &#8211; Le droit &#224; la m&#233;moire. Aksouh fut l'invit&#233; du num&#233;ro N&#176; 52 titr&#233; : La francophonie arabe : pour une approche de la litt&#233;rature arabe francophone, sous la direction de : Abdallah Ouali Alami et Colette Valat. Mohamed Aksouh, n&#233; en 1934, appartient &#224; la g&#233;n&#233;ration des fondateurs de la peinture alg&#233;rienne moderne qui, au long des ann&#233;es cinquante, contestent la vision r&#233;aliste et narrative, ressentie comme &#233;trang&#232;re &#224; la sensibilit&#233; maghr&#233;bine. &#192; partir de la luminosit&#233; du paysage natal l'&#339;uvre d'Askouh ne cessera, en une approche non-figurative toujours plus vive, de recr&#233;er l'&#233;cume du nacre, la fragile condensation de vibrations qui constitue la texture instable du visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le sol d'une abstraction symbolique issue des plus anciennes civilisations m&#233;diterran&#233;ennes, c'est en marge de toute intention repr&#233;sentative que s'inscrivent en Alg&#233;rie, dans les multiples dimensions du quotidien, les traditions plastiques berb&#232;res et arabes. Contestant dans son &#171; ressourcement &#187; la vision figurative et narrative qu'introduit le colonialisme, la &#171; g&#233;n&#233;ration des ann&#233;es 30 &#187;, &#224; laquelle appartient Aksouh, y cristallise la modernit&#233; picturale. Itin&#233;raire divers selon les peintres : quelques uns ont suivi l'enseignement des &#201;coles des Beaux-Arts d'Alger ou d'Oran puis, &#233;ventuellement, de Paris, d'autres se sont engag&#233;s, typographe ou ma&#231;on, individuellement dans leur art. Quand il entreprend de sculpter puis de peindre, Aksouh est forgeron depuis dix ans &#8211; et continuera jusqu'en 1998 &#224; exercer son m&#233;tier. &#171; Pas un art parasite ou fonctionnaire, mais un art besoin d'expression, un art besoin de vivre, et non pour en vivre &#187;, &#233;crit le com&#233;dien et dramaturge Ould Abderrahmane Kaki qui pr&#233;face sa premi&#232;re exposition &#224; Alger (1), observant plus g&#233;n&#233;ralement des peintres de sa g&#233;n&#233;ration : &#171; Ils sont de cette terre comme un arbre peut l'&#234;tre, comme ses racines ancr&#233;es au plus profond ayant des branches se nourrissant du ciel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces artistes se trouvent rassembl&#233;s d&#232;s juillet 1962 pour le &#171; Salon de l'Ind&#233;pendance &#187; puis lors de l'exposition, que pr&#233;face Jean S&#233;nac, organis&#233;e &#224; l'occasion des &#171; F&#234;tes du premier novembre 1963 &#187;. Aksouh y participe, comme &#224; celle des &#171; Peintres alg&#233;riens &#187; qu'accueille six mois plus tard &#224; Paris le Mus&#233;e des Arts D&#233;coratifs. Pour l'inauguration de l'&#233;ph&#233;m&#232;re &#171; Galerie 54 &#187; qu'il fonde et dirige, S&#233;nac r&#233;unit simultan&#233;ment en avril 1964 Aksouh, Baya, Benanteur, Bouzid, Guermaz, Khadda, de Maisonseul, Maria Manton, Martinez, Nallard et Z&#233;rarti. Les &#339;uvres d'Aksouh, non seulement ses peintures, gouaches et aquarelles mais encore ses reliefs et c&#233;ramiques, sont rapidement pr&#233;sent&#233;es, en mai, lors du cycle d'expositions personnelles qui la suivent et, en 1966, &#224; la &#171; Galerie Pilote &#187; de l'&#233;diteur Edmond Charlot. Parmi ces peintres, depuis un expressionnisme tentant d'exorciser les violences de l'histoire jusqu'&#224; l'affirmation identitaire du Signe, un large &#233;ventail de tendances distinctes s'affirme d'embl&#233;e, r&#233;fractant autant des facettes de la r&#233;alit&#233; alg&#233;rienne. C'est dans le champ de la non-figuration, &#224; partir de la luminosit&#233; du paysage natal, que se d&#233;veloppera quant &#224; elle la peinture d'Aksouh, dans la &#171; qu&#234;te de cette lumi&#232;re de nacre et de perle qui est celle d'Alger, telle qu'il la d&#233;couvrait de la petite maison de sa m&#232;re sur les coteaux de Belcourt, quartier qui fut aussi celui de Camus enfant &#187;, &#233;crira en 1998 Jean de Maisonseul, conservateur du Mus&#233;e d'Alger apr&#232;s l'Ind&#233;pendance, qui rapidement y fait place aux &#339;uvres des jeunes peintres alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; LA MER, LA NUIT D'AKSOUH &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mohamed Aksouh na&#238;t le 1er juin 1934 &#224; Bologhine (Saint-Eug&#232;ne) et la Casbah constitue le cadre de son enfance. Ami proche du chanteur populaire alg&#233;rien El Anka, son p&#232;re, pr&#233;matur&#233;ment disparu, a r&#233;alis&#233; en amateur des c&#233;ramiques, transposant dans l'&#233;mail miniature et enluminure. Apprenti forgeron d&#232;s l'&#226;ge de quatorze ans, Aksouh exercera son m&#233;tier comme cheminot. Depuis l'enfance il ramasse sur les plages des alentours d'Alger les galets dont les teintes le fascinent. En 1958 il est encourag&#233; par un ami qui y pratique la photographie &#224; fr&#233;quenter la Maison des Jeunes d'Hussein Dey, o&#249; enseigne Nicole Argan, proche de Derain. Il y aborde, le soir apr&#232;s son travail, la poterie, la c&#233;ramique, introduisant le laiton dans ses &#233;maux, puis la sculpture. &#192; partir de 1960 il participe &#224; l'encadrement de chantiers et stages culturels : apr&#232;s l'Ind&#233;pendance il sera durant plusieurs ann&#233;es instructeur d'Arts plastiques &#224; l'&#201;ducation populaire. Le travail des mati&#232;res, fer ou laiton, domine les premiers moments de sa cr&#233;ation. De cette &#233;poque datent notamment un &#171; Oiseau &#187; fait de grillage, un &#171; Soleil &#187; de tiges m&#233;talliques, le bas-relief de cuivre rouge travaill&#233; au marteau pilon qui est conserv&#233; au Mus&#233;e des Beaux-Arts d'Alger, mais aussi un mobile compos&#233; de galets et des &#339;uvres en terre ou en pl&#226;tre aux formes librement architecturales. Aksouh en vient bient&#244;t &#224; la gouache, &#224; l'aquarelle, et &#224; la peinture. Parmi le pays pur des formes et des couleurs il entre, &#224; partir de sa densit&#233; m&#233;diterran&#233;enne, dans l'exploration de la lumi&#232;re m&#234;me. Tout &#224; la fois librement non-figurative et impr&#233;gn&#233;e des clart&#233;s qui ont form&#233; sa vision, sa peinture na&#238;t &#224; la lisi&#232;re des rivages familiers, des &#233;clats qu'irradient leurs profondeurs d'&#233;meraude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le po&#232;me &#233;crit entre 1964 et 1966 qui contient l'image, aussit&#244;t devenue l&#233;gendaire, &#171; Tu es belle comme un comit&#233; de gestion &#187;, S&#233;nac, po&#232;te de l'espoir alg&#233;rien, compte d'embl&#233;e Aksouh parmi ses peintres majeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, tu es belle &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme la Longue Marche ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme la victoire du Vietnam ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme une peinture de Khadda,&lt;br class='autobr' /&gt;
Un relief peint de Martinez, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'Arabie heureuse &#187; de Baya&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les couleurs de Z&#233;rarti&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme une aquarelle d'Aksouh&lt;br class='autobr' /&gt;
Un paysage de Maisonseul&lt;br class='autobr' /&gt;
Le No&#251;n de Benanteur et l'Alif d'un hibou (2) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; R&#233;alisme &#233;merveill&#233; &#187;, observe-t-il dans sa pr&#233;face &#224; la premi&#232;re exposition, en 1965, d'Ak souh en France : &#171; Ici, le monde appara&#238;t, un univers marin, un univers c&#233;leste &#187;, &#171; par taches lentement immergeantes &#187;, faisant sourdre &#171; les couleurs les plus t&#233;nues de l'&#226;me &#187;. &#171; Les aquarelles fr&#233;missent d'algues, de sable, de l'arc si charnu des girelles &#187;, poursuit S&#233;nac : &#171; elles fixent le mouvement continu des nuages, harcelant avec lui les splendeurs cosmiques &#8211; tendres et banales comme une main &#187;. De l'Alg&#233;rie, Aksouh &#171; est de ceux qui ont su ne retenir que l'essentiel. Et c'est pourquoi, ouvrant mon balcon sur la mer, sur la nuit, je vois la Mer, la Nuit d'Aksouh condens&#233;es dans une pupille (3) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors qu'Aksouh s'installe dans la r&#233;gion parisienne, reprenant son m&#233;tier de forgeron. Benanteur, Maria Manton et Nallard, Bouqueton y sont arriv&#233;s dans les ann&#233;es 40 et 50, Guermaz plus r&#233;cemment. &#171; J'ai d'ailleurs retrouv&#233; beaucoup de peintres alg&#233;riens, &#224; l'&#233;poque je ne les connaissais pas encore personnellement &#187;, se souvient Aksouh (4). Apr&#232;s un bref passage par Vin cennes, il se fixe &#224; Ivry. &#171; La peinture est partout, il suffit de regarder un caillou, un arbre. Mais si, autour de lui, il n'y a pas d'autres peintres, des mus&#233;es, des critiques, des &#233;changes, des possibilit&#233;s de d&#233;bat &#8211; tout l'humus et toute la logistique de la peinture -, un peintre s'appauvrit, s'&#233;tiole et m&#234;me s'&#233;touffe. Avant de venir ici, je n'avais pas vu un Braque. Les galeries, le milieu artistique sont un stimulant, une nourriture pour un peintre. Pour vivre en tant que peintre, il faut ce genre de nourriture. Alors, on va la chercher o&#249; elle se trouve &#187;, confie bien plus tard Aksouh &#224; Tahar Djaout qui interroge &#171; les artistes prisonniers du froid (5) &#187;. S&#233;nac n'en continue pas moins dans les ann&#233;es suivantes d'accompagner fid&#232;lement le cheminement du peintre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mer d'Aksouh&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la vague au bord retrousse ses l&#232;vres :&lt;br class='autobr' /&gt;
Regarde, elle sourit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour voir la nuit d'Aksouh il faut savoir&lt;br class='autobr' /&gt;
Lever les yeux, dormir &#224; la belle &#233;toile.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;nuement, notre chance ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;crit-il encore dans un po&#232;me d'&#171; Avant-Corps (6) &#187;. Et en 1970, trois ans avant son assassinat : &#171; Mohamed Aksouh, la main &#233;merveill&#233;e dans la nuit et les fruits de mer, ram&#232;ne les contours pr&#233;cis de nos rivages. Malgr&#233; leur tentation cosmique, nous voyons bien, ici encore, que ces natures ne peuvent &#234;tre d'ailleurs (7) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES LIEUX DE LUMI&#200;RE &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis sa peinture, &#224; partir des ann&#233;es 70, fait bifurquer le regard et l'entra&#238;ne durablement par une succession de larges aplats d'espace. Univers nombreux de la blancheur : sous les demi lumi&#232;res les plus fines, gris bleut&#233;s ou ocres blonds, teintes des galets ou des coques, Aksouh retient la couleur en son arri&#232;re-instant. Ce sont ses gammes les plus m&#233;diterran&#233;ennes, &#224; distance, qu'il parcourt. &#171; Les &#233;t&#233;s chez nous sont interminables ; ils ne sont pas flamboyants quoi qu'on en dise. Le soleil &#233;crase le paysage et le calcine, les verts printaniers ne r&#233;sistent que quelques jours. Viennent alors les couleurs satur&#233;es de lumi&#232;re, ternies par la poussi&#232;re suspendue dans l'air vibrant de chaleur &#187;, notait Khadda. Ce climat visuel contribue &#224; affermir en profondeur le souci d'une reconnaissance active. &#171; Moi qui suis n&#233; dans ce pays &#187;, confiait Benanteur, &#171; je ne vois pas l'Orient, le Maghreb tellement color&#233;s. Finalement c'est une vision de l'Occident &#187; : le Maghr&#233;bin attache &#171; plus d'importance &#224; l'espace&#8230; Il est plus sensible, et c'est l&#224; qu'il est marqu&#233;, &#224; ce qu'il y a de discret, de plus effac&#233; : ce que les Europ&#233;ens ont tendance &#224; taxer de monotonie &#187;. Dubuffet soulignait par ailleurs la r&#233;sonance en ses travaux de ses s&#233;jours en Alg&#233;rie, qui avaient fortifi&#233; son go&#251;t, disait-il, &#171; pour le tr&#232;s peu, le presque rien &#187;. Mais ce sens de la nuance et de l'&#233;conomie ne tient pas seulement &#224; une mani&#232;re d'avoir vu : s'y d&#233;ploie en fait, &#224; partir des horizons les plus divers, un questionnement cr&#233;atif des pouvoirs d'une peinture r&#233;solument r&#233;duite &#224; sa plus pure essence, qui r&#233;unit plut&#244;t une famille d'esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nulle fuite dans les toiles d'Aksouh et cependant, sous leur &#233;quilibre, les surfaces qu'elles ajustent continuellement vacillent, pr&#232;s de passer, repasser insensiblement les unes sous les autres. Espace double. Au point du jour ou sous les brumes solaires du Sud qui estompent les contours des choses s'y l&#232;vent d'ind&#233;cis &#233;tagements de fa&#231;ades, balcons, toits ou terrasses, passent fugitivement dans le regard volets et portes, &#233;tals peut-&#234;tre de boutiques. Visions neuves, instables, d'une ville toute de clart&#233; : par un labyrinthe de parois ou d'escaliers longuement la lumi&#232;re s'y r&#233;fl&#233;chit, en &#233;chos &#224; mesure assourdis, garde trace, s'impr&#232;gne des couleurs blanchies &#224; la chaux des murs au passage qu'elle fr&#244;le. Ou bien, espace intime en un instant, c'est &#224; contre jour qu'elle s'infiltre, glissant en d'incertains int&#233;rieurs sur des entassements diaphanes d'objets, rayons ou piles de livres, dont elle &#233;rode de ses incidences les ar&#234;tes, inscrivant secr&#232;tement au ras de l'&#234;tre une mouvante g&#233;om&#233;trie de filets d'ombre et de clart&#233;. L'&#233;bauche d'un sol y &#233;veille des embrasures, des silhouettes diffuses de fen&#234;tres, de tables, tiroirs, &#233;tag&#232;res : atelier peut &#234;tre du peintre, que peuplent ses toiles, accroch&#233;es aux murs ou dispos&#233;es en silence les unes contre les autres. H&#233;sitation prolong&#233;e, aucun titre ne vient enfermer la vision : ayant, dans l'irr&#233;ductible &#233;cart entre toute chose vue et l'espace neuf qu'il rencontre, &#233;puis&#233; la ronde des associations possibles, le regard en revient ind&#233;finiment &#224; &#233;prouver l'&#233;closion continu&#233;e de la forme dans la couleur. Si Aksouh jamais n'identifie les lieux dont ses toiles semblent recueillir la seule rumeur, c'est qu'ils n'existent pas ailleurs, autrement qu'en elles, qu'ils sont purs lieux de lumi&#232;re, escales dans son voyage, en peinture, au Pays de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces ann&#233;es Aksouh n'en renonce pas pour autant &#224; son besoin premier d'un dialogue direct avec une mati&#232;re r&#233;sistante et loquace, que la main investit patiemment de ses marques attentives. &#192; partir de 1970 il grave, soude, abrase le m&#233;tal, ferreux ou non ferreux, selon les proc&#233;d&#233;s in&#233;dits qu'il imagine en utilisant, dit-il, &#171; tout ce qui peut laisser une empreinte &#187;, forgeant lui m&#234;me ses outils, se constituant comme un dictionnaire, par dizaines, de poin&#231;ons aux motifs divers qui se m&#234;leront sur ses plaques. Multiples convergences. La technique lui permet de d&#233;tourner, acclimater en un exercice esth&#233;tique les outils et les gestes de son m&#233;tier. Hors des plages de ses toiles, parmi les creux et les reliefs qu'inversent les plissements du papier, elle lui donne la possibilit&#233;, par d'autres moyens que ceux de la peinture, de poursuivre en une tout autre g&#233;ographie sa qu&#234;te de la lumi&#232;re. Encrant &#224; peine et imprimant lui m&#234;me les surfaces, tant&#244;t sculpturales tant&#244;t finement cisel&#233;es, il ne cessera d'y faire varier d'&#233;preuve en &#233;preuve, chaque fois unique, la naissance de la couleur au milieu de la blancheur. En 1972 et 1974 Aksouh cr&#233;era encore deux m&#233;dailles pour la &#171; Monnaie de Paris &#187; et, dans la d&#233;cennie suivante, &#224; partir de tubes de laiton, cuivre ou fer, un ensemble de micro-sculptures cubiques, objets magiques d'une dizaine de centim&#232;tres au plus de hauteur, dont le m&#233;tal embouti d&#233;livre les signes d'un langage originel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA NACRE DE L'&#202;TRE &lt;br class='autobr' /&gt;
Au long des ann&#233;es 80 sa d&#233;marche conduit Aksouh &#224; accommoder sur le nuage soyeux qui irrigue le visible, de la bu&#233;e solaire que le regard, sans l'apercevoir, en chaque instant traverse. L'objet ou sur-objet premier qu'il apprivoise de toile en toile, c'est le flux qui, dans les &#233;carts de son intensit&#233;, colore et d&#233;colore les choses, tour &#224; tour les fait surgir et les abandonne, les annule et sans cesse les ranime, le milieu qui les r&#233;v&#232;le et simultan&#233;ment qu'elles dissimulent. Aksouh donne &#224; distinguer le halo d'opale dans lequel elles apparaissent et qui, en elles bient&#244;t absorb&#233;, comme dissout, jusque-l&#224; disparaissait, le voile iris&#233; par quoi elles sont et qui n'est pas lui-m&#234;me &#224; leur fa&#231;on. Ce rayonnement originaire, la d&#233;marche d'Aksouh, &#224; l'oppos&#233; de tout impressionnisme, ne tente pas de l'ext&#233;rieur, &#224; partir des instants du r&#233;el, d'en capter, refl&#233;ter la vari&#233;t&#233;, mais en construit activement la variation interne, invente en ses glacis les tonalit&#233;s de nouvelles saisons. Sans doute selon la gamme des ros&#233;s, des mauves, des ocres tendres, des c&#233;ladons saisis au seuil de leur av&#232;nement, des gris nombreux brusquement fissur&#233;s d'azur, le peintre croise-t-il les bruissements qui, dans le spectacle des choses, dressent les premi&#232;res transparences, inclinent les ombres basses de l'aube, d&#233;litent la lueur mince de l'hiver. Mais chez Aksouh les heures du monde ne semblent d&#233;nombrer jamais que quelques unes des r&#233;gions de la lumi&#232;re dont la peinture entreprend l'improbable cadastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin dans la d&#233;cennie, la pulv&#233;risation des touches, &#224; travers une progressive d&#233;mat&#233;rialisation, en abacules de pr&#233;-couleurs indivises, ajoure par degr&#233;s un fourmillement serr&#233; de taches et de traits qu'infl&#233;chissent, orientent de lointains remous. Sous la trame du visible les bandes lumineuses que tisse Aksouh laissent percevoir la cha&#238;ne m&#234;me qui le soutient. Le peintre, l'ayant d&#233;livr&#233; de l'apparente stabilit&#233; des choses qui le constituent, atteint une aura de vapeur, en filigrane, que cristallise &#224; peine son irradiation. Univers d'affleurements : mosa&#239;ques &#224; demi effrit&#233;es, strates de pierres se levant du fond d'anciens murs &#233;caill&#233;s, cailloux ou galets sertis dans la poussi&#232;re des chemins comme dans les marbrures de la vague. Ou scintillements furtifs de mica, tremblements du feuillage des oliviers, miroitements d'un envol de lyc&#232;nes ou d'argynnes. &#171; La palette d'Aksouh est toujours &#233;gale &#224; elle-m&#234;me, toujours soucieuse de d&#233;cliner le long paradigme de la lumi&#232;re, toutes ces nuances qui pr&#233;c&#232;dent ou suivent le blanc [&#8230;] Elle n'est pas ici qu'une teinte claire d&#233;ferlant sur la toile : ce sont les autres nuances, m&#232;res et filles du blanc, qui l'&#233;lisent en tant que lumi&#232;re &#187;, &#233;crit Djilali Kadid (8). Lumi&#232;re art&#233;sienne : en saturant les couleurs, elle les rend &#224; leurs premiers murmures. Ainsi &#171; dilat&#233;e &#187; en un &#171; monde cristallographique &#187;, &#171; tout palpite dans une peinture d'Aksouh &#187;, observe Lydia Harambourg (9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout peintre v&#233;ritable ne d&#233;couvre pas seulement des images neuves mais, &#224; travers sa mani&#232;re de faire, poser la couleur, modeler l'espace, informe une mani&#232;re nouvelle de voir comme on n'avait pas vu, enracine dans un climat sp&#233;cifique de l'&#234;tre. En de&#231;&#224; du petit nombre des outils et des rep&#232;res autour desquels la vision quotidienne, pour r&#233;pondre aux besoins de l'action, d&#233;coupe l'espace le plus imm&#233;diat, c'est dans son &#234;tre &#233;nigmatique la texture m&#234;me du visible que fait para&#238;tre Aksouh. Un instant avant que les couleurs ne s'y s&#233;parent pour affirmer l'identit&#233; des formes, la permanence des objets, il surprend un monde qui ne fait que percer en un poudroiement de mouvements browniens au bord de son absence. Peinture de l'&#233;merveillement, elle d&#233;-familiarise le regard, le m&#232;ne au plus lentement, dans l'osmose des nuances, leurs moutonnements ou chevauchements t&#233;nus, &#224; une attention neuve. Qu'est-ce que la r&#233;alit&#233; ? En son fond ultime, une &#233;cume de nacre semble &#224; jamais s'ouvrir sur elle-m&#234;me au plus loin, impalpable, ind&#233;cise. Tout l'&#234;tre du monde, fragile condensation de vibrations, houle d'ondes immobiles, n'est plus alors dans la peinture d'Aksouh qu'un &#233;tat inconstant, un pr&#233;cipit&#233; furtif, un instant changeant de la lumi&#232;re (10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES CHAMPS DE LA COULEUR &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis cette lumi&#232;re commence de tourner. Apr&#232;s une d&#233;cennie sur les chemins de l'extr&#234;me clart&#233;, Aksouh, dans les aquarelles qu'il r&#233;alise &#224; partir de 1993, franchit &#224; revers quelque invisible miroir. Climat v&#233;g&#233;tal, verts plus nombreux, rouges plus sonores. Jamais de rupture soudaine dans l'univers en expansion de son travail, c'est par d'imperceptibles d&#233;placements dans sa structuration de l'espace, la variation de ses gammes, qu'avance Aksouh. Lentement ce retour de la couleur gagne, envahit ses toiles. Dor&#233;s ou rougeoyants, les ocres y montent par bribes puis, autour de 2000, en plus larges clairi&#232;res. &#171; La mer &#233;tait l&#224;, dissimul&#233;e sous un damier de pages blanches, une vall&#233;e d&#233;nud&#233;e, le lit d'un fleuve disparu, une falaise polie par un vent mill&#233;naire, des jardins de sable ros&#233; &#187; &#233;crit Nicolas Deman des &#339;uvres qu'il expose alors (11). Deux ans plus tard aux verts printaniers r&#233;pondent des jaunes vifs de gen&#234;ts. Monde auroral : tandis que la vapeur solaire se dissipe, ce sont des &#233;tendues sans horizon, nimb&#233;es de nappes bleut&#233;es, ou des versants ruisselant de floraisons sauvages, qu'Aksouh, en une autre distance, fait d&#233;sormais survoler. Comme demeur&#233;es inconnues, &#233;mergent les terres de quelque nouveau continent de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Aksouh semble presser le pas, s'engager toujours plus en amont, dans ses toiles les plus r&#233;centes, vers les sources obscures de la clart&#233; : guetter jusque dans l'ombre, en ses premiers tremblements, l'&#233;lan, la lame qui emporte le visible au milieu de la pr&#233;sence, le m&#232;ne ind&#233;finiment au bord de lui-m&#234;me. &#192; travers argiles et roches il se fait orpailleur, tamisant les champs cr&#233;pusculaires de la couleur, extrayant les paillettes de lumi&#232;re qui les impr&#232;gnent, les bornent comme haies vives ou les jointoient en d'incertains appareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;finissant en 1970 la composante singuli&#232;re qui aura constamment sign&#233; l'art alg&#233;rien moderne et se souvenant des encres dont Aksouh accompagnait en 1964 le premier recueil de Djamal Amrani (12), S&#233;nac l'incluait parmi les &#171; peintres du signe &#187;. Et c'est bien aujourd'hui, hampes ou jambages et points sans cesse naissant au seuil des rythmes vifs du geste, une sorte d'alphabet de la lumi&#232;re dont les peintures d'Aksouh, comme sous une approche frisante, manifestent obliquement la pr&#233;sence &#233;parse au long du palimpseste innombrable qui &#233;chafaude le visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel-Georges BERNARD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&#8230;&#8230;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; Ould Abderrahmane Kaki, pr&#233;face du catalogue de l'exposition &#171; Aksouh &#187;, Galerie 54, Alger, 30 mai &#8211; 11 juin 1964 ; &#171; Aksouh &#187; (textes de Djilali Kadid, Jean S&#233;nac, Kaki, Jacques Busse, Fr&#233;d&#233;ric Wandel&#232;re et Michel-Georges Bernard), &#171; Alg&#233;rie Litt&#233;rature /Action &#187; n&#176; 22-23, juin-septembre 1998, &#233;ditions Marsa, Paris, 1998 ; &#171; Aksouh &#187; (textes de Kaki, Nicolas Deman, Jacques Busse, Jean-Marie Dunoyer, Pierre Raffi, Lydia Haram bourg, Michel-Georges Bernard et Fr&#233;d&#233;ric Wandel&#232;re), &#171; Alg&#233;rie Litt&#233;rature/ Action &#187; n&#176; 63-64, septembre-octobre 2002, &#233;ditions Marsa, Paris, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; Jean S&#233;nac, Citoyens de beaut&#233;, Subervie, Rodez, 1967 (p. 45) ; &#338;uvres po&#233;tiques, Actes-Sud, Arles, 1999 (p. 424). L'image du &#171; comit&#233; de gestion &#187;, pr&#233;cise Hamid Nacer-Khodja, est inspir&#233;e &#224; S&#233;nac par le d&#233;bit de boissons de la Pointe-Pescade dont les responsables sont ses amis &#8211; et qu'il a fait conna&#238;tre &#224; Che Guevara en 1963.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8211; Jean S&#233;nac, pr&#233;face du catalogue de l'exposition &#171; Aksouh &#187;, Galerie Rive Gauche, Strasbourg, 15-30 d&#233;cembre 1965 ; &#171; Aksouh &#187;, &#171; Alg&#233;rie Litt&#233;rature/ Action &#187; n&#176; 22-23, Paris, 1998 ; Visages d'Alg&#233;rie, Regards sur l'art, documents r&#233;unis par Hamid Nacer-Khodja, pr&#233;face de Guy Dugas, EDIF 2000, Alger/Paris M&#233;diterran&#233;e, Paris, 2002 (p. 181 ; notice sur Aksouh p. 224).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#8211; Mohamed Aksouh, L'engag&#233; de nacre et de perle, Entretien avec Michel Mathieu, &#171; Les M&#233;diterran&#233;es &#187;, &#171; Arearevue(s) &#187; n&#176; 5, Paris, septembre 2003 (p. 58-61).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 &#8211; Tahar Djaout, Les artistes prisonniers du froid, &#171; Alg&#233;rie Actualit&#233; &#187; n&#176; 1150, Alger, 29 octobre-4 novembre 1987 ; Une M&#233;moire mise en signes, articles et pr&#233;faces (textes r&#233;unis par M.-G. Bernard), &#224; para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 &#8211; Jean S&#233;nac, Avant-Corps, Gallimard, Paris, 1968 (p. 30) ; &#338;uvres po&#233;tiques, Actes-Sud, Arles, 1999 (p. 461-462).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 &#8211; Jean S&#233;nac, Peinture alg&#233;rienne, &#171; Jeune Afrique &#187; n&#176; 488, Paris, 12 mai 1970 ; Visages d'Alg&#233;rie, Regards sur l'art, documents r&#233;unis par Hamid Nacer-Khodja, pr&#233;face de Guy Dugas, EDIF 2000, Alger/Paris M&#233;diterran&#233;e, Paris, 2002 (p. 190).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 &#8211; Djilali Kadid, Aksouh ou l'impalpable mati&#232;re de l'&#234;tre, &#171; Actualit&#233; de l'&#233;migration &#187; n&#176; 122, Paris, 17-24 f&#233;vrier 1988 ; &#171; Aksouh &#187;, &#171; Alg&#233;rie Litt&#233;rature/ Action &#187; n&#176; 22-23, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 &#8211; Lydia Harambourg, Aksouh, &#171; La Gazette de Drouot &#187;, Paris, 22 juin 2001 ; &#171; Aksouh &#187;, &#171; Alg&#233;rie Litt&#233;rature /Action &#187; n&#176; 53-64, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 &#8211; M.-G. Bernard, La nacre de l'&#234;tre, pr&#233;face du catalogue de l'exposition &#171; Aksouh &#187;, Centre Culturel Alg&#233;rien, Paris, 2-20 octobre 1991 ; &#171; Aksouh &#187;, &#171; Alg&#233;rie Litt&#233;rature/ Action &#187; n&#176; 22- 23, 1998 ; &#171; Aksouh &#187;, &#171; Alg&#233;rie Litt&#233;rature/ Action &#187; n&#176; 63-64, 2003 ; pr&#233;face du catalogue de l'exposition &#171; Aksouh &#187;, La Fontaine, Centre culturel, Brie-Comte-Robert, 13 septembre-5 octobre 2003 ; &#171; Khadda, Guermaz, Aksouh, Lumi&#232;res du Sud &#187;, ADEIAO, Maison des Sciences Humaines, Paris, 2002 (exposition Aksouh, 21 octobre-22 novembre 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 &#8211; Nicolas Deman, pr&#233;face du catalogue de l'exposition &#171; Aksouh &#187;, Galerie Nicolas Deman, Paris, 29 mai-23 juin 2001 ; &#171; Aksouh &#187;, &#171; Alg&#233;rie Litt&#233;rature/ Action &#187; n&#176; 63-64, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Djamal Amrani, Soleil de notre nuit, pr&#233;face de Henri Kr&#233;a, 7 encres de Aksouh, &#201;ditions Subervie, Rodez, 1964.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>AKSOUH : UNE &#194;ME VISUELLE SOUS LA LUMI&#200;RE L'&#233;vidence d'un art exceptionnel transpara&#238;t &#224; travers la pudeur illumin&#233;e de chacun de ses tableaux qui dit l'Alg&#233;rie. Par Kaddour M'Hamsadji, L'Expression, le 16 mars 2005</title>
		<link>https://artbribus.c-real.org/liens/article/aksouh-une-ame-visuelle-sous-la-lumiere-l-evidence-d-un-art-exceptionnel</link>
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		<dc:date>2024-05-20T08:24:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bineta Sadji</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Imaginons un mur, plut&#244;t un espace vertical sobre mais vivant, car peupl&#233; de signes intelligents, d&#180;o&#249; se d&#233;gage une douce &#233;tranget&#233; &#224; laquelle nous ne pouvons r&#233;sister et qui nous envahit progressivement jusqu&#180;&#224; nous faire d&#233;couvrir, dans un foisonnement de tendresses color&#233;es, la po&#233;sie, ou mieux, les po&#233;sies de notre pays. Ces peintures sur cet espace sont ex&#233;cut&#233;es de main d&#180;artiste, un artiste alg&#233;rien, sans doute connu,... il y a longtemps. Je l&#180;ai rencontr&#233;, il y a peu, &#224; Paris, au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://artbribus.c-real.org/liens/" rel="directory"&gt;Liens&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Imaginons un mur, plut&#244;t un espace vertical sobre mais vivant, car peupl&#233; de signes intelligents, d&#180;o&#249; se d&#233;gage une douce &#233;tranget&#233; &#224; laquelle nous ne pouvons r&#233;sister et qui nous envahit progressivement jusqu&#180;&#224; nous faire d&#233;couvrir, dans un foisonnement de tendresses color&#233;es, la po&#233;sie, ou mieux, les po&#233;sies de notre pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces peintures sur cet espace sont ex&#233;cut&#233;es de main d&#180;artiste, un artiste alg&#233;rien, sans doute connu,... il y a longtemps. Je l&#180;ai rencontr&#233;, il y a peu, &#224; Paris, au 11e Maghreb des livres. Oui, j&#180;ai retrouv&#233; Mohamed Aksouh, un jeune de soixante-dix ans, calme et m&#233;ditatif, aux yeux soudain ardents du bonheur int&#233;rieur de pouvoir, lui encore aujourd&#180;hui, pr&#233;senter ses peintures pareilles &#224; des po&#233;sies &#233;crites sur des pages d&#180;un livre intitul&#233; Oui, Alg&#233;rie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#212; combien d&#180;artistes (peintres, &#233;crivains, po&#232;tes, dramaturges, chercheurs scientifiques, b&#226;tisseurs de notre Alg&#233;rie) sont pass&#233;s, sont rest&#233;s au pass&#233; ! &#212; combien furent m&#233;connus m&#234;me en leur temps ou sont presque totalement oubli&#233;s aujourd&#180;hui, sont ignor&#233;s par la g&#233;n&#233;ration actuelle ! Qui sont-ils donc ces peintres dont on ne dira jamais assez la sensibilit&#233; exquise de leur talent et que Mansour Abrous a essay&#233; g&#233;n&#233;reusement de nous remettre en m&#233;moire en &#233;crivant tr&#232;s justement : &#171; De quoi &#171; Le fils du pauvre &#187; peut-il encore s&#180;appauvrir sinon du d&#233;lestage qu&#180;on lui fait de son Pays et de sa M&#233;moire. Mais face &#224; l&#180;&#233;rosion actuelle du destin national, il y a des intellectuels et des artistes esseul&#233;s, soldats solitaires, qui ressemblent de plus en plus &#224; des &#171; passeurs de phrases &#187; et &#224; des &#171; colporteurs d&#180;images &#187;. L&#224; o&#249; ils se trouvent, en Alg&#233;rie ou &#224; l&#180;&#233;tranger, l&#224; o&#249; ils cr&#233;ent, l&#224; o&#249; ils se produisent, l&#224; o&#249; ils r&#233;ussissent, les artistes alg&#233;riens se font un devoir d&#180;ing&#233;rence dans la sph&#232;re de l&#180;art mondial. Ils font reculer l&#180;isolement de l&#180;Alg&#233;rie. Gr&#226;ce &#224; eux, l&#180;Alg&#233;rie ne d&#233;croche pas de l&#180;universel et elle ne se d&#233;robe pas &#224; sa qu&#234;te de modernit&#233;. &#187; (*)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut retrouver tous nos artistes et leurs &#339;uvres, les conna&#238;tre et les reconna&#238;tre avant que le temps passe encore et encore et que la m&#233;moire s&#180;&#233;tiole et que les z&#233;lateurs pleins d&#180;une heureuse ignorance et gav&#233;s de stupidit&#233; s&#180;emparent de nos tr&#233;sors et les jettent en grains de luxe &#224; l&#180;ex&#233;crable volaille caquetante et servile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc se rem&#233;morer Mohamed Aksouh, n&#233; le 1er juin 1934, enfant de Belcourt-Alger. La dure vie le pousse &#224; l&#180;&#226;ge de 14 ans &#224; &#234;tre forgeron-serrurier. En 1959, il s&#180;essaie &#224; la sculpture et r&#233;alise des bas-reliefs en terre, pl&#226;tre ou m&#233;tal, puis il commence &#224; peindre. &#192; l&#180;ind&#233;pendance, il participe &#224; des expositions organis&#233;es &#224; Alger (Galerie 54) et &#224; Paris. En 1965, il s&#180;installe dans la r&#233;gion parisienne et durant l&#180;&#233;t&#233;, il travaille &#224; Peniscola, sur la c&#244;te espagnole o&#249; s&#233;journent quelques-uns de ses amis peintres alg&#233;rois. &#192; partir de 1970, ses expositions personnelles se multiplient avec succ&#232;s dans plusieurs galeries c&#233;l&#232;bres des villes de France et d&#180;Europe et...d&#180;ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lecture des peintures r&#233;centes de Mohamed Aksouh - et plus fortement que les anciennes dont on se pla&#238;t encore &#224; d&#233;chiffrer l&#180;exorcisme subtil des violences de l&#180;histoire - nous r&#233;v&#232;le un peintre po&#232;te, raisonneur et raisonn&#233;, doux de c&#339;ur et fragile d&#180;&#226;me : dur l&#180;exil qui dure ! Sa peinture est indissociable d&#180;un expressionnisme inspir&#233; du fonds ancestral berb&#232;re et arabe et o&#249; domine toujours une lumi&#232;re fauve et nacr&#233;e plus que voile soyeux irr&#233;aliste, apaisante et bienfaitrice plus que message incongru briseur de r&#234;ve indivis et de lumi&#232;re aux multiples tonalit&#233;s. Aussi est-il vrai que &#171; si l&#180;art n&#180;a pas de patrie, les artistes en ont une &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#180;est par ainsi, dois-je le r&#233;p&#233;ter, que Mohamed Aksouh est consid&#233;r&#233;, &#224; juste raison, comme le peintre des lumi&#232;res changeantes o&#249; se cristallise toute la tendresse de son Alg&#233;rie.(*)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(*) Les artistes alg&#233;riens, dictionnaire biographique (1917-1999) par Mansour ABROUS. Casbah-&#201;ditions, Alger, 2002, p. 3.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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